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Le moment est venu pour la C.-B. : pourquoi le budget 2027 doit être notre premier budget axé sur l'innovation
July 15, 2026
Par Kiersten Enemark
Directrice des affaires de la C.-B. au CCI
L'entente de grande envergure conclue entre la Colombie-Britannique et Ottawa stimulera des projets de construction nationale et pourrait transformer l'économie léthargique de la province en un véritable moteur de croissance pour les générations à venir. L' Entente de prospérité coopérative Canada-Colombie-Britannique vise à accélérer l'octroi de permis, à améliorer les infrastructures commerciales, à accroître les projets énergétiques et à accélérer l'extraction de minéraux critiques afin de renforcer l'économie canadienne.
Mais le prochain chapitre de la croissance de la Colombie-Britannique doit miser sur le développement des actifs incorporels : brevets, logiciels propriétaires, données et la propriété intellectuelle qui sous-tend toute entreprise de classe mondiale.
Le budget 2027 de la C.-B. est l'occasion de jumeler les investissements dans les infrastructures et la croissance du secteur des ressources à des politiques fiscales qui favorisent l'essor du secteur technologique de la province. Avec l'appui d'Ottawa, la Colombie-Britannique peut bâtir les infrastructures et la capacité en ressources dont le Canada a besoin, tout en veillant à ce que les entreprises technologiques phares prennent de l'expansion — et restent — ici.
Le budget 2027 doit saisir cette occasion. En vertu de l'entente, les fonds fédéraux peuvent non seulement stimuler l'économie traditionnelle de la C.-B., mais aussi renforcer notre économie du XXIe siècle, où la province est un chef de file dans les technologies liées à l'extraction des ressources et à la construction d'infrastructures.
Au-delà des grues et du béton : le prochain chapitre de la croissance de la C.-B.
Pendant des décennies, la croissance de la Colombie-Britannique s'est définie par des actifs tangibles : exportations de ressources, grands travaux de construction et infrastructures. Cette réalité s'est accentuée avec l'entente conclue entre la C.-B. et Ottawa, qui cible des projets miniers, le GNL et la ligne de transport d'électricité de la côte Nord.
Les régions qui remporteront la course à la croissance économique au cours de la prochaine décennie seront celles qui traiteront les actifs incorporels avec autant de sérieux que l'acier et le béton.
Le financement gouvernemental ne devrait pas seulement accélérer la réalisation des projets d'infrastructure et de ressources. Utilisé de manière stratégique, il peut intégrer l'innovation canadienne directement dans la chaîne d'approvisionnement, propulsant ainsi l'économie de l'innovation de la C.-B. parallèlement à son économie des ressources. Nous l'avons constaté avec la Stratégie nationale de construction navale du Canada, dont bénéficient les chantiers maritimes Seaspan. Le partenariat stratégique entre l'entreprise Novarc Technologies de Burnaby et Seaspan permet d'intégrer des cobots de soudage conçus au Canada aux travaux de construction et d'entretien navals, favorisant ainsi l'essor de nouvelles innovations en IA physique et en propriété intellectuelle. Les projets d'infrastructure et de ressources soutenus par le gouvernement peuvent également servir de marché pour l'innovation locale, stimulant ainsi la croissance économique provinciale.
Trois leviers, une mission : faire croître et garder l'innovation canadienne au pays
Ottawa mise sur la C.-B. pour accélérer la réalisation de projets. Grâce au soutien financier fédéral, le budget 2027 de la C.-B. pourrait mettre en place des politiques visant également à accélérer l'innovation.
1. Intégrer l'innovation canadienne à chaque grand projet, dès la conception. Le pipeline de grands projets de la C.-B. représente une occasion unique pour une génération de bâtir une chaîne d'approvisionnement en innovation nationale. Un mandat d'innovation pour les infrastructures publiques permettrait de reproduire ce succès dans les domaines des technologies marines, des minéraux critiques et de la fabrication de pointe, sans imposer de fournisseurs, mais en fixant des attentes claires. En appliquant cette même logique aux projets privés soutenus par la province, la C.-B. s'assure que les retombées de ses investissements profitent à la population locale.
2. Faire du gouvernement le meilleur client du secteur technologique. La C.-B. dépense des milliards chaque année en biens et services. Une politique d'approvisionnement favorisant l'achat canadien — qui récompense les entreprises dont la R-D, la propriété intellectuelle et le pouvoir décisionnel sont réellement établis au Canada — transformerait les dépenses gouvernementales en capital à long terme pour les entreprises canadiennes en pleine croissance. En jumelant cette mesure à un centre d'approvisionnement en innovation capable de transformer les projets pilotes réussis en contrats réels, plutôt que de laisser les entreprises prometteuses de la C.-B. piégées dans un cycle de projets pilotes sans fin, le gouvernement deviendrait un moteur de croissance plutôt qu'un simple spectateur.
3. Rendre la croissance et le maintien au pays financièrement avantageux. Près de 90 % de la capitalisation boursière technologique mondiale se trouve aux États-Unis, et l'attrait pour les fondateurs canadiens est bien réel : des recherches récentes montrent que près de la moitié des fondateurs canadiens ayant levé des capitaux importants en 2024 avaient déjà déménagé vers le sud. Chaque fondateur qui part emporte avec lui son siège social, son équipe de direction et ses futurs emplois.
Deux outils fiscaux ciblés peuvent changer la donne. Un « Innovation Box » — qui étendrait la consultation sur les brevets en sciences de la vie de la province à tous les secteurs — récompenserait les entreprises qui commercialisent leur propriété intellectuelle et la conservent en C.-B., en complément de ce que le programme RS&DE fait déjà pour la recherche. De plus, un incitatif fiscal à la croissance et à l'expansion aiderait les entreprises canadiennes à amortir les coûts d'acquisition, comme peuvent déjà le faire les acquéreurs américains, nivelant enfin le terrain de jeu pour les entreprises canadiennes qui cherchent à croître en acquérant des talents et des technologies, ici ou à l'étranger.
La victoire la plus facile ne coûte rien
Il existe une quatrième opportunité qui ne nécessite même pas de nouvelles dépenses : corriger la règle sur l'octroi de licences aux ingénieurs logiciels qui pousse les talents — et les recettes fiscales qui les accompagnent — hors de la province. L'Alberta a résolu ce problème en 2023. La C.-B. possède déjà l'autorité légale pour faire de même, grâce à la modification apportée l'an dernier à la Loi sur la gouvernance professionnelle. Il ne manque que le règlement. Dans un contexte budgétaire où la province cherche des moyens peu coûteux d'accroître ses revenus, c'est ce qui se rapproche le plus de l'argent gratuit en matière de politique fiscale.
L'essentiel
La stratégie économique « Look West » montre la voie et l'Accord de prospérité coopérative Canada-Colombie-Britannique dispose de fonds pour la soutenir. Ce dont l'économie de l'innovation de la C.-B. a besoin, c'est d'un cadre fiscal pour développer son économie du XXIe siècle : des marchés publics qui soutiennent les innovateurs canadiens, une politique fiscale qui récompense le maintien des activités au pays et des projets majeurs qui bâtissent des chaînes d'approvisionnement nationales dès leur conception.
Le budget 2027 est l'occasion de prouver que la C.-B. n'est pas seulement ouverte aux affaires. C'est une opportunité de bâtir l'entreprise de demain, ici, avec des entreprises canadiennes, de la propriété intellectuelle canadienne et des emplois canadiens.
La stratégie est en place. Les talents sont là. Il est maintenant temps que la politique fiscale soit à la hauteur de l'ambition.
À propos du Conseil des innovateurs canadiens
Le Conseil des innovateurs canadiens est une organisation nationale regroupant des membres qui redéfinit la façon dont les gouvernements à travers le Canada conçoivent la politique d'innovation et soutient les entreprises en pleine croissance d'ici pour favoriser la prospérité. Fondé en 2015, le CIC représente et collabore avec plus de 175 des entreprises technologiques canadiennes à la croissance la plus rapide. Nos membres sont les PDG, fondateurs et cadres supérieurs à la tête de certaines des entreprises en phase de croissance les plus prospères du Canada. Tous nos membres sont des créateurs d'emplois et de richesse, des investisseurs, des philanthropes et des experts dans leurs domaines respectifs : technologies de la santé, technologies propres, technologies financières, cybersécurité, IA et transformation numérique. Les entreprises de notre portefeuille sont des leaders du marché dans leurs secteurs verticaux, commercialisent leurs technologies dans plus de 190 pays et génèrent entre 10 et 750 millions de dollars de revenus récurrents annuels. Nous plaidons en leur nom pour des stratégies gouvernementales qui augmentent leur accès à des talents qualifiés, à du capital stratégique et à de nouveaux clients, tout en leur offrant une plus grande liberté d'action pour leurs ambitions de croissance mondiale.
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