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L'Ontario possède un avantage en matière de minéraux critiques, mais risque de perdre son plein potentiel de valeur.
June 19, 2026
Par Hina Ahmed
Directrice des affaires de l'Ontario de la CCI
À l'échelle mondiale, le secteur des minéraux critiques devrait dépasser 700 milliards de dollars d'ici 2035. L'Ontario jouit d'un avantage structurel que la plupart des juridictions envieraient, étant l'une des concentrations les plus riches de minéraux critiques au monde. La province possède 35 minéraux et métaux critiques qui soutiennent l'économie moderne et détermineront qui mènera la prochaine ère industrielle. Les batteries, les semi-conducteurs, la fabrication de pointe, les systèmes de défense : ce sont toutes des industries qui définiront le prochain siècle, et les gouvernements fédéral et provinciaux s'efforcent de bâtir des chaînes d'approvisionnement canadiennes qui permettront cette transition.
Cependant, extraire des roches du sol n'équivaut pas à créer une valeur économique à long terme. Si nous traitons les minéraux critiques comme une simple activité d'extraction, nous finirons par être des preneurs de prix au bas de la chaîne de valeur de quelqu'un d'autre. La véritable valeur réside dans la possession de la propriété intellectuelle, de la technologie et des données qui seront essentielles pour devenir des leaders mondiaux dans ce secteur, tout au long de la chaîne de valeur.
La volonté d'être audacieux est au cœur de la prochaine étape de l'Ontario dans l'élaboration de sa Stratégie sur les minéraux critiques. Comme le dit le ministre de l'Énergie et des Mines, Stephen Lecce, dans sa lettre d'introduction : « La prospérité et la souveraineté économique de l'Ontario seront définies par les choix que nous faisons aujourd'hui. »
Une caractéristique centrale de la stratégie doit être la capture de la valeur de l'ensemble de la chaîne d'approvisionnement, englobant la transformation, le recyclage et la fabrication, avec des retombées économiques ancrées au Canada dès le départ. Si l'Ontario veut être un chef de file, il doit envisager de devenir l'épicentre mondial de l'innovation et de l'expansion minières, où les entreprises construisent, commercialisent et se développent sur les marchés mondiaux à partir d'une base canadienne.
Une stratégie crédible doit être fondée sur le fonctionnement réel du secteur : cycles de capital longs, contraintes d'approvisionnement, pression des prix mondiaux, et s'assurer que la perte persistante de propriété intellectuelle du Canada par l'acquisition et la migration est atténuée.
À travers des discussions avec des leaders de l'innovation minière en Ontario, y compris Hatch et Cyclic Materials, un ensemble clair de priorités a émergé :
Premièrement, débloquer les données géologiques en harmonisant les normes. L'information est le fondement de l'innovation**.** Aujourd'hui, les équipes d'exploration sont accablées par le nettoyage et la conciliation des données plutôt que par la découverte de minéraux. Des ensembles de données normalisés élimineraient les frictions inutiles dans le système et accéléreraient l'activité d'exploration à travers la province. Plus d'exploration mène à plus de découvertes, plus de projets et une plus grande capacité de production à long terme.
Deuxièmement, reconnaître les actifs incorporels comme des moteurs économiques essentiels. Les données, les logiciels et la propriété intellectuelle sont désormais au cœur de la compétitivité minière. Pourtant, l'innovation canadienne est encore trop souvent acquise et détenue à l'étranger. Une stratégie ciblée en matière de propriété intellectuelle doit protéger les entreprises nationales, réduire la fuite de valeur et garantir que la création et la propriété de la PI sont ancrées au Canada.
Troisièmement, inciter les chaînes d'approvisionnement canadiennes. Les chaînes d'approvisionnement se resserrent pour des raisons de sécurité nationale. La défense et les technologies de pointe exigent un approvisionnement sûr et garanti. La traçabilité fonctionne désormais comme une infrastructure économique et de sécurité, positionnant l'Ontario comme un fournisseur fiable, et non seulement comme une base de ressources. Les transformateurs étrangers surenchérissent encore régulièrement sur les entreprises canadiennes pour les matériaux nationaux. Les accords d'enlèvement et les prix planchers sont essentiels pour gérer le risque de la demande et créer des fonctions de création de marché.
Cyclic Materials récupère les éléments de terres rares et d'autres matériaux critiques des produits en fin de vie. Ils affirment que «le recyclage national des terres rares peut réduire le risque lié à la chaîne d'approvisionnement en créant une source immédiate et fiable de matériaux critiques indépendante des fournisseurs étrangers, protégeant ainsi des secteurs clés de l'économie, notamment la fabrication automobile, l'IA, l'infrastructure énergétique et la sécurité nationale »
Quatrièmement, moderniser les incitatifs fiscaux avec un crédit d'impôt dédié à l'exploration minière. Le crédit pour actions accréditives de 5 % actuellement offert par l'Ontario n'est pas concurrentiel. Un crédit de type Colombie-Britannique, combiné aux incitatifs fédéraux, enverrait un signal clair que l'Ontario est sérieuse dans sa volonté de concurrencer pour le capital d'exploration et qu'elle comprend le profil de risque du secteur.
Comme l'a souligné Hatch, « Une économie concurrentielle des minéraux critiques ne se limite pas à l'extraction. Elle repose sur l'ingénierie, le traitement, l'automatisation et les services spécialisés qui rendent les projets viables. La stratégie de l'Ontario devrait refléter cette chaîne de valeur complète et miser sur les forces de la province pour générer une croissance accrue et des avantages économiques à long terme. »
Les enjeux sont considérables. Chaque décision que nous prenons soit renforce l'avantage économique à long terme de l'Ontario, soit le confie à des juridictions qui s'approprient le traitement à haute valeur ajoutée, la technologie et la propriété intellectuelle. Les minéraux critiques doivent être traités comme une question de compétitivité industrielle, et non pas seulement comme une extraction de ressources.
Si l'Ontario veut jouer un rôle de premier plan, elle doit gouverner avec l'intention de posséder plus que ce qui est extrait du sol. Autrement, la pleine valeur économique sera captée ailleurs.
À propos du Conseil des innovateurs canadiens
Le Conseil des innovateurs canadiens est une organisation nationale axée sur ses membres qui redéfinit la façon dont les gouvernements canadiens envisagent la politique d'innovation et qui soutient les entreprises en croissance locales pour stimuler la prospérité. Fondé en 2015, le CCI représente et collabore avec plus de 175 des entreprises technologiques à la croissance la plus rapide au Canada. Nos membres sont les PDG, les fondateurs et les cadres supérieurs qui sont à l'origine de certaines des entreprises en croissance les plus prospères du Canada. Tous nos membres sont des créateurs d'emplois et de richesse, des investisseurs, des philanthropes et des experts dans leurs domaines respectifs : technologies de la santé, technologies propres, technologies financières, cybersécurité, IA et transformation numérique. Les entreprises de notre portefeuille sont des leaders du marché dans leurs secteurs verticaux, commercialisent leurs technologies dans plus de 190 pays et génèrent entre 10 et 750 millions de dollars de revenus annuels récurrents. Nous plaidons en leur nom pour des stratégies gouvernementales qui augmentent leur accès à des talents qualifiés, à des capitaux stratégiques et à de nouveaux clients, ainsi qu'une plus grande liberté d'action pour leurs objectifs d'expansion mondiale.
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