Bâtir des champions : Ce que les entreprises à la croissance la plus rapide du Canada nous disent

June 12, 2026

Par Claire Wilson
Analyste de recherche et de politiques du CCI

À l'ère numérique, la valeur s'accumule au profit des grandes entreprises vedettes et des pays qui les abritent. Les actifs incorporels représentent 92 % du S&P 500 et approchent les 100 billions de dollars en valeur à l'échelle mondiale. Le contrôle des données, de la propriété intellectuelle et des normes qui les régissent est à la base de l'avantage économique et constitue une condition préalable au succès des entreprises et à la prospérité économique nationale. Or, la croissance et la mise à l'échelle d'une entreprise au Canada s'accompagnent souvent de difficultés uniques. Pour que le Canada réussisse dans la nouvelle économie mondiale, le gouvernement doit créer les conditions nécessaires pour que les entreprises deviennent des champions nationaux – et mondiaux.

Ce n'est un secret pour personne que le Canada a un problème de mise à l'échelle. Les entreprises locales sont souvent acquises par des acheteurs étrangers avant d'atteindre une envergure mondiale. Les conséquences sont claires : un ralentissement de la croissance du PIB et une stagnation de la productivité.  60 % de l'écart de productivité entre les entreprises américaines et canadiennes s'explique par la proportion plus élevée de petites entreprises au Canada et leur désavantage de productivité plus important par rapport aux grandes entreprises.

Plus tôt cette année, le CCI a mené son sondage annuel auprès des PDG: un sondage auprès de 125 PDG de certaines des entreprises d'innovation à la croissance la plus rapide au Canada. Bien qu'il y ait eu quelques points positifs – par exemple, une majorité (67 %) des répondants sont satisfaits de la gestion des relations canado-américaines par le gouvernement –, le sondage a révélé que les PDG canadiens sont confrontés à un climat des affaires qui se refroidit et qu'ils ont des préoccupations importantes quant à l'avenir du Canada. 54 % des répondants pensent que l'économie canadienne va dans la mauvaise direction, et 42 % sont moins confiants qu'il y a deux ans quant au Canada comme endroit pour faire croître une entreprise.

Les préoccupations concernant les relations commerciales ont été un autre thème récurrent parmi les répondants. 23 PDG ont explicitement mentionné la diversification commerciale et la politique d'exportation comme un domaine sur lequel les gouvernements devraient se concentrer pour aider les entreprises canadiennes à prendre de l'expansion, et 16 autres ont signalé les relations canado-américaines comme une priorité gouvernementale importante.

Les PDG ont identifié l'accès aux clients comme leur plus grand obstacle à la croissance de leurs entreprises, suivi de près par l'accès au capital. Cependant, ces défis variaient selon la taille de l'entreprise. Les grandes et moyennes entreprises étaient plus susceptibles de citer l'accès aux clients comme leur principal obstacle, reflétant probablement leur plus grande concentration sur l'expansion vers de nouveaux marchés. En revanche, les petites entreprises étaient plus susceptibles d'identifier les contraintes de capital comme leur obstacle le plus pressant. Des différences similaires sont apparues dans les points de vue sur l'économie en général. Les grandes et moyennes entreprises étaient plus susceptibles de croire que l'économie canadienne va dans la mauvaise direction (65 % et 55 %, respectivement), tandis que les petites entreprises étaient plus optimistes, plus de la moitié (52 %) croyant que l'économie se dirige dans la bonne direction. Cette différence, encore une fois, découle probablement de la plus grande exposition des grandes entreprises aux marchés mondiaux et aux pressions économiques plus larges par rapport aux petites entreprises.

La tendance la plus troublante est peut-être apparue lorsque nous avons demandé aux PDG et aux chefs d'entreprise pourquoi ils restaient au Canada. À maintes reprises, ils ont répondu qu'ils restaient au Canada parce qu'ils aiment ce pays. Une noble raison, certes, mais le patriotisme seul ne paie pas les factures. Et bien que plus de la moitié (51 %) des PDG interrogés aient indiqué que le patriotisme était un facteur de motivation clé pour ne pas déménager, seulement neuf répondants ont mentionné le capital ou l'accès au marché, et seulement six ont mentionné le talent. Cela devrait tous nous inquiéter.

Les gouvernements jouent un rôle de facilitateur essentiel pour les entreprises. Ils créent les conditions dont les entreprises ont besoin pour prendre de l'expansion et réussir. Il est déraisonnable de s'attendre à ce que les PDG, les entrepreneurs et d'autres personnes talentueuses et ambitieuses luttent perpétuellement à travers des marchés de capitaux difficiles, des environnements réglementaires peu clairs et une base de talents en diminution, surtout compte tenu de notre proximité avec l'une des plus grandes économies du monde. Des entreprises compétitives et innovantes sont ce qui rend un pays économiquement prospère, et la croissance de l'économie canadienne exige de faire de ce pays un endroit où les gens veulent (et peuvent) faire croître et développer des entreprises.

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Claire Wilson est analyste de recherche et de politiques au CCI. On peut la joindre à l'adresse cwilson@canadianinnovators.org. Mooseworks est le bulletin d'information sur les politiques d'innovation du Conseil des innovateurs canadiens. Pour recevoir des articles comme celui-ci dans votre boîte de réception, abonnez-vous au bulletin du CCI ici.

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