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Comment l'infrastructure numérique souveraine est une infrastructure économique
November 13, 2025
Par Kiersten Enemark
Directrice des affaires de la Colombie-Britannique du CCI
La Colombie-Britannique se trouve à l'aube d'une opportunité économique historique — et d'une vulnérabilité économique historique.
La province a déclaré son ambition de construire de nouvelles infrastructures et d'autres projets majeurs. La province s'est engagée à être chef de file en informatique quantique et en intelligence artificielle. C'est le bon réflexe. L'IA n'est pas qu'une vague technologique ; c'est le nouveau fondement de la compétitivité industrielle, de la productivité et de la puissance nationale. Les territoires qui contrôlent les données, le calcul et la propriété intellectuelle définiront le prochain siècle. Ceux qui ne le font pas deviendront des économies de filiales dans la transition technologique la plus importante depuis l'électrification.
Les centres de données et les réseaux de télécommunication sont des constructions d'infrastructures qui faciliteront l'IA souveraine et l'informatique quantique. La Colombie-Britannique a un choix à faire : devenons-nous des locataires dans l'économie numérique, ou construisons-nous et possédons-nous l'infrastructure qui définira notre avenir ?
Dans un monde où l'intelligence est un intrant de production, les données, le calcul et la connaissance automatisée sont les nouveaux « moyens de production ». Si nous ne les possédons pas et ne les exploitons pas, nous ne contrôlons pas notre avenir. Point final.
La Colombie-Britannique devrait être un chef de file mondial en infrastructure numérique souveraine. Nous avons de l'énergie propre, un climat nordique idéal pour le refroidissement du calcul, des chercheurs de classe mondiale, de solides réseaux de fibre optique et une économie d'innovation florissante.
Mais notre intention de diriger dans l'économie du savoir n'est pas alignée avec notre intention de construire une infrastructure souveraine numérique. D'une part, la Colombie-Britannique a accordé la priorité aux nouvelles technologies et à l'amélioration des services numériques. Par exemple, le programme Connected Services BC a accordé la priorité à l'amélioration de la sécurité et de la confidentialité dans l'accès à l'information. Pourtant, le gouvernement n'a pas désigné les centres de données canadiens comme des projets d'importance provinciale méritant d'être accélérés et, de plus, la Colombie-Britannique cherche à limiter les ressources énergétiques.
Aujourd'hui, une grande partie des données du secteur privé canadien réside dans des systèmes infonuagiques possédés et exploités par des multinationales étrangères. Même lorsque les serveurs se trouvent au Canada, le contrôle — et la juridiction légale — se situe au-delà de nos frontières. Dans un monde de tensions géopolitiques croissantes et de risques cybernétiques, ce n'est pas simplement une préoccupation économique. C'est un risque de souveraineté.
Pendant ce temps, les innovateurs qui tentent de construire une infrastructure numérique canadienne en Colombie-Britannique sont souvent bloqués dans les limbes — retardés par des goulots d'étranglement administratifs, l'incertitude en matière de permis et un manque de priorisation. L'Alberta courtise agressivement les investissements dans les centres de données avec de nouveaux outils fiscaux et en accélérant les approbations. La Colombie-Britannique risque d'envoyer aux innovateurs le signal qu'ils devraient construire l'avenir ailleurs.
Le résultat est prévisible : les capitaux sortent, les entreprises canadiennes prennent de l'expansion ailleurs, et nous devenons des locataires dans l'économie numérique plutôt que des propriétaires.
Nous pouvons — et devons — changer de cap.
Le gouvernement provincial mérite d'être reconnu pour avoir reconnu la nécessité d'accélérer la réalisation d'infrastructures grâce au projet de loi 15, Loi sur les projets d'infrastructure. Mais si l'objectif est de bâtir une économie résiliente et prête pour l'avenir, la définition d'« infrastructure d'importance provinciale » doit refléter le monde dans lequel nous vivons maintenant en incluant l'« infrastructure numérique souveraine ».
La construction d'infrastructures numériques souveraines — centres de données canadiens, infonuagique de confiance, réseaux de télécommunication et calcul avancé — doit être admissible à la désignation accélérée en vertu du projet de loi 15.
Ce seul changement enverrait un signal puissant : la Colombie-Britannique a l'intention non seulement d'utiliser l'IA, mais de construire et de posséder les plateformes qui l'alimentent.
Les centres de données et les réseaux avancés nécessitent de l'énergie et de la connectivité. Si la Colombie-Britannique veut sérieusement être chef de file en IA, BC Hydro doit recevoir la directive de prioriser les projets d'infrastructure numérique canadiens qui soutiennent l'économie d'innovation de la province.
En même temps, le projet de loi 31, Loi modifiant des lois relatives à l'énergie, devrait être modifié afin que les projets de centres de données nationaux ne soient pas limités par des restrictions d'accès à l'électricité. Nous ne devrions pas bloquer de futurs actifs de l'assiette fiscale alors que d'autres provinces déroulent le tapis rouge.
Le budget fédéral comprenait des fonds pour développer les solutions d'IA nationales et renforcer le leadership mondial du Canada en matière d'IA souveraine et de confiance. Il s'agit d'une opportunité pour le gouvernement provincial de capter les dépenses fédérales pour investir dans l'infrastructure numérique de la Colombie-Britannique.
Enfin, pour les projets d'infrastructure publique, la Colombie-Britannique doit traiter l'approvisionnement comme un levier stratégique — et non comme une réflexion après coup.
Lorsque le gouvernement achète de la technologie canadienne, il ne résout pas seulement un problème du secteur public ; il aide à construire de la propriété intellectuelle exportable, à créer des emplois qualifiés et à renforcer les chaînes d'approvisionnement nationales. Nous l'avons vu lorsque la ville de Vancouver a attribué un contrat à l'entreprise locale Industrio AI — exactement le type d'approvisionnement intelligent qui renforce les entreprises de la Colombie-Britannique plutôt que de subventionner l'expansion étrangère.
Nous avons déjà des innovateurs de la Colombie-Britannique qui exportent des technologies de pointe à l'échelle mondiale — comme Novarc, basée à Burnaby, dont les systèmes de soudage alimentés par l'IA sont utilisés dans des projets d'infrastructure critiques partout dans le monde. Pourtant, ces innovations restent sous-utilisées dans les propres constructions publiques de la Colombie-Britannique.
Accélérer les projets d'infrastructure est également un levier pour accélérer l'innovation. Chaque nouveau projet d'infrastructure — qu'il s'agisse de logements, de transport en commun ou d'énergie — est aussi une occasion de développer la technologie nationale en incluant les innovations locales dans la chaîne d'approvisionnement. Nous devrions le traiter de cette façon.
Pendant plus d'un siècle, la richesse des ressources a financé la prospérité en Colombie-Britannique. Cet héritage demeure une force. Mais le prochain siècle appartiendra aux territoires qui construisent une capacité numérique souveraine — ceux qui possèdent les moteurs économiques de l'intelligence, pas seulement ceux qui extraient les produits de base qui les alimentent.
La Colombie-Britannique a le talent, l'énergie, le climat et l'ambition. Ce dont nous avons besoin maintenant, c'est de la détermination à traiter les données, le calcul et l'infonuagique avec le même sérieux que nous traitons l'exploitation minière, les pipelines et les ports.
Les décisions que prendra la Colombie-Britannique cette année détermineront si nous dirigeons l'économie de l'IA — ou si nous regardons les autres la diriger pendant que nous louons un espace d'eux.
La souveraineté n'est pas un slogan. C'est un choix de construire ou d'être construit.
Et c'est maintenant le moment de choisir.
Si vous souhaitez communiquer avec Kiersten au sujet de l'innovation et des politiques en Colombie-Britannique, vous pouvez la joindre à kenemark@canadianinnovators.org
À propos du Conseil des innovateurs canadiens
Le Conseil des innovateurs canadiens est une organisation nationale fondée sur l'adhésion qui redéfinit la façon dont les gouvernements de partout au Canada pensent à la politique d'innovation et qui soutient les entreprises en hypercroissance nationales pour stimuler la prospérité. Établi en 2015, le CCI représente et travaille avec plus de 150 des entreprises technologiques à la croissance la plus rapide au Canada. Nos membres sont les chefs de la direction, les fondateurs et les hauts dirigeants de certaines des entreprises en hypercroissance les plus prospères du Canada. Tous nos membres sont des créateurs d'emplois et de richesse, des investisseurs, des philanthropes et des experts dans leurs domaines des technologies de la santé, des technologies propres, des technologies financières, de la cybersécurité, de l'IA et de la transformation numérique. Les entreprises de notre portefeuille sont des chefs de file du marché dans leurs secteurs verticaux, commercialisent leurs technologies dans plus de 190 pays et génèrent entre 10 M$ et 750 M$ de revenus annuels récurrents. Nous intervenons en leur nom pour des stratégies gouvernementales qui augmentent leur accès aux talents qualifiés, aux capitaux stratégiques et aux nouveaux clients, ainsi qu'une liberté d'exploitation élargie pour leurs ambitions mondiales d'expansion.
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