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C'est la création de marchés, et non l'accès aux marchés, qui préoccupe le plus les PDG canadiens cette année.
April 1, 2026
Cet essai du chef de la direction du CCI a d'abord été publié dans l'infolettre du CCI et partagé avec les abonnés le 1er avril 2026. Pour recevoir notre bulletin mensuel sur les entreprises en hypercroissance qui façonnent l'avenir du Canada, les politiques qui comptent et des perspectives que vous ne trouverez nulle part ailleurs —abonnez-vous ici.
Bonjour,
Au cours de mes trois premiers mois en tant que chef de la direction, j'ai passé une grande partie de mon temps à rencontrer les bâtisseurs qui composent le Conseil des innovateurs canadiens. Lors de tables rondes, d'appels téléphoniques et de séances politiques sur la Colline avec des fondateurs, des chefs de la direction et des décideurs politiques, les conversations ont commencé à converger. Les chefs d'entreprise canadiens ne s'organisent plus autour de l'expansion géographique. Ils s'organisent autour des marchés — comment ils sont construits, qui les façonne et où ils se situent au sein de ceux-ci.
La plupart des entreprises avec lesquelles nous travaillons sont déjà mondiales. Elles vendent aux États-Unis, en Asie, en Europe et au-delà, souvent sur des marchés où le Canada n'a aucun avantage commercial formel. Les chefs de la direction m'ont dit que l'entrée dans de nouvelles juridictions n'est pas la contrainte. Leur priorité porte sur quelque chose de beaucoup plus stratégique : obtenir une position dans les systèmes qui déterminent comment les industries évoluent et où la valeur s'accumule finalement.
Ce changement se manifeste dans la façon dont les entreprises prennent des décisions en temps réel. Lors d'une discussion récente à Mississauga avec un groupe d'entreprises en hypercroissance et la direction de l'approvisionnement de l'Ontario, la conversation est rapidement passée de l'accès aux contrats à la façon dont les décisions d'achat public influencent quelles technologies deviennent intégrées dans les systèmes critiques. À Montréal, cela est apparu lors d'une conversation sur les politiques que nous avons organisée avec des entreprises des secteurs de la santé et des sciences de la vie. À Vancouver, après le budget provincial, les chefs de la direction se concentraient sur la façon dont le capital et les politiques pourraient aider à ancrer les capacités nationales dans des secteurs où la concurrence mondiale s'intensifie. Lors d'une séance distincte à Toronto axée sur les technologies à double usage, les dirigeants étaient moins préoccupés par l'entrée sur les marchés de la défense que par la façon de devenir partie de l'infrastructure dont ces marchés dépendent.
Dans toutes ces conversations, l'objectif est cohérent. Les entreprises travaillent à intégrer leur technologie dans des normes qui définissent comment les systèmes fonctionnent. Elles accordent la priorité aux premiers clients qui peuvent valider leur approche et accélérer l'adoption sur un marché plus large. Elles conçoivent des produits avec l'intention de devenir partie de l'infrastructure, plutôt que de rester au niveau de l'application, où le risque de substitution est plus élevé et le levier à long terme est limité. L'objectif est d'être à l'intérieur du système dont les autres dépendent, et non adjacent à celui-ci.
Les résultats du Grand sondage auprès des chefs de la direction canadiens de cette année, que nous publions aujourd'hui, renforcent cette direction. Trente-neuf pour cent des répondants ont identifié la constitution d'une base de clients comme leur priorité absolue, devant l'accès au capital, la réglementation et les talents. Cela ne reflète pas une demande faible ou un pipeline limité. Cela reflète une reconnaissance que dans de nombreux secteurs, le premier ensemble de clients détermine si une entreprise établit une position durable au sein d'une chaîne de valeur ou reste un fournisseur remplaçable.
Dans les secteurs où la demande est concentrée et où les systèmes déterminent les résultats, les premières relations avec les clients fonctionnent comme plus que des revenus. Elles établissent la crédibilité, réduisent le risque perçu pour les acheteurs ultérieurs et façonnent la façon dont la technologie d'une entreprise est intégrée dans des systèmes plus larges. Une fois cette position établie, elle se compose. Les entreprises qui sont intégrées tôt sont mieux placées pour influencer les normes, attirer des capitaux alignés sur l'échelle et se développer sur des marchés adjacents à mesure que ces systèmes évoluent.
Le défi est que les politiques publiques n'ont pas suivi ce changement dans la façon dont les marchés se forment. Une grande partie du cadre d'innovation du Canada reste orientée vers l'amélioration de l'accès aux marchés définis par la géographie, tandis que les entreprises se concentrent sur la façon de façonner les marchés définis par les systèmes, les normes et la demande. Il ne s'agit pas d'efforts parallèles. Ils reflètent des compréhensions fondamentalement différentes de la façon dont la valeur économique est créée et capturée dans les industries modernes.
L'approvisionnement illustre cet écart en termes pratiques. Agir en tant que premier client n'est pas simplement une décision d'achat. Cela établit un point de référence qui peut accélérer l'adoption, signaler la crédibilité aux acheteurs mondiaux et déterminer si une entreprise est attirée dans une chaîne de valeur plus large. Les normes jouent un rôle similaire. La participation n'est pas un exercice technique ; c'est un moyen de façonner l'architecture à travers laquelle les technologies sont déployées et la valeur est distribuée au fil du temps.
Ces dynamiques influencent déjà la façon dont les entreprises canadiennes construisent, investissent et se développent. Les décisions sur l'endroit où ancrer les opérations, où placer le capital et comment structurer les produits sont de plus en plus liées à l'endroit où les entreprises peuvent obtenir des positions durables au sein des systèmes mondiaux. La question est de savoir si le Canada développe les outils politiques et la concentration institutionnelle nécessaires pour soutenir cette approche de manière délibérée.
Sans cet alignement, le Canada continuera de produire des entreprises capables de rivaliser à l'échelle mondiale, mais moins susceptibles de façonner les marchés dans lesquels elles opèrent ou de capturer la pleine valeur économique de ce qu'elles construisent au fil du temps.
Parce que nous nous concentrons sur la prospérité à long terme du Canada, le CCI continuera dans les semaines à venir à faire progresser des stratégies pratiques fondées sur la façon dont les marchés modernes sont construits, en veillant à ce que les entreprises canadiennes soient positionnées pour capturer la pleine valeur de ce qu'elles créent.
À suivre,
Patrick
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Patrick Searle est le chef de la direction du Conseil des innovateurs canadiens, une organisation nationale fondée sur l'adhésion qui remodèle la façon dont les gouvernements à travers le Canada pensent à la politique d'innovation et soutient les entreprises en hypercroissance nationales pour stimuler la prospérité. Si vous souhaitez en savoir plus sur le Conseil ou vous joindre à notre cause, contactez-nous.
MISES À JOUR SUR L'INNOVATION
Refonte de la RS&DE du Canada : Des réformes majeures au programme de Recherche scientifique et développement expérimental du Canada entrent en vigueur aujourd'hui, marquant l'une des plus grandes mises à jour du programme en plus d'une décennie. Les changements élargissent l'admissibilité, introduisent un processus de demande plus simple et visent à mieux refléter la façon dont les entreprises canadiennes se développent et investissent réellement. Après des années de plaidoyer de la part des membres du CCI, ces réformes reflètent bon nombre des améliorations que les innovateurs réclament depuis longtemps. Pour en savoir plus sur les changements, cliquez ici.
Innovation en santé : Ce mois-ci, le CCI a publié Soins à grande échelle : achats publics, données et meilleurs soins de santé pour les Canadiens, un plan pratique pour moderniser la prestation de soins de santé en utilisant l'approvisionnement public plus efficacement et en faisant fonctionner les données de santé pour les soins.
Sciences de la vie : Santé Canada a lancé un nouveau groupe de travail sur le secteur pharmaceutique et des sciences de la vie la semaine dernière pour améliorer l'accès aux médicaments novateurs et renforcer l'écosystème des sciences de la vie du Canada.
Faits saillants de la saison des budgets : Les budgets provinciaux de cette année pointent dans la bonne direction, mais restent insuffisants en matière d'exécution. Le budget 2026 de l'Ontario comprenait des allégements fiscaux, une rationalisation de la réglementation et des signaux annonçant des stratégies à venir sur l'intelligence artificielle, les centres de données et les actifs numériques, mais manque toujours d'un plan clair pour aider les entreprises nationales à se développer, à créer des actifs intangibles précieux et à renforcer la capacité nationale, avec une approche « Achat Ontario » plus délibérée liée à la création de valeur économique réelle notamment absente.
Le budget du Québec a raté l'occasion de manière plus claire, restant insuffisant en matière d'intelligence artificielle, de souveraineté numérique, de cybersécurité et d'approvisionnement en innovation, et ne parvenant pas à faire correspondre sa rhétorique sur la productivité et l'innovation avec une stratégie crédible pour diriger dans les secteurs qui définiront la compétitivité à long terme.
Le budget 2026 du Manitoba signale les bonnes priorités, notamment l'investissement en technologies de l'information, l'approvisionnement et la politique d'intelligence artificielle, mais reste léger en détails, le véritable test étant maintenant de savoir si ces signaux se traduisent en actions pratiques qui donnent aux entreprises nationales la possibilité de croître et garantissent que davantage de valeur économique reste dans la province.
Pour en savoir plus sur nos perspectives sur l'écosystème d'innovation du Canada, visitez la page des mises à jour sur notre site Web.
LA GRANDE LECTURE

Un nouvel article de Joanna Smith dans The Logic examine pourquoi l'investissement étranger au Canada a bondi en 2025 et ce que cette croissance pourrait signifier pour l'économie canadienne à long terme. Bien que le Canada ait attiré 96,8 G$ en investissement direct étranger l'année dernière, l'article souligne que près de la moitié provenait de fusions et d'acquisitions, soulevant des questions sur l'endroit où la valeur durable de ces transactions se retrouve finalement.
L'article présente également Claire Wilson, chercheuse et analyste des politiques au CCI, qui soutient que le Canada doit être plus sélectif quant aux investissements étrangers qu'il recherche. Comme elle le note, l'objectif ne devrait pas être simplement d'attirer des capitaux, mais de s'assurer que le Canada est positionné pour conserver plus de valeur, de propriété et d'avantage stratégique au fil du temps.
Lisez l'article complet ici.
ENTREPRISES EN HYPERCROISSANCE À SURVEILLER

En mars, nous avons accueilli de nouveaux membres au Conseil des innovateurs canadiens :
- o1 Quantum, dirigé par le président et chef de la direction Andrew Cheung, est une entreprise de cybersécurité d'entreprise canadienne fournissant une sécurité post-quantique pour l'intelligence artificielle et les systèmes d'actifs numériques. En tant que l'un des premiers fournisseurs dans ce domaine, 01 Quantum se concentre sur la gestion des risques liés aux attaques sur les invites d'IA, les modèles et les données d'entraînement ainsi que l'infrastructure de la chaîne de blocs.
- Security Compass, dirigé par le chef de la direction Rohit Sethi, aide les organisations à créer des logiciels sécurisés et conformes dans des environnements où le code est de plus en plus écrit à la fois par des développeurs humains et des agents d'IA. Sa plateforme et ses services-conseils apportent les exigences de sécurité, la modélisation des menaces et la formation pratique des développeurs directement dans le processus de développement de logiciels, aidant les organisations à gérer les risques plus tôt et à construire avec une plus grande confiance.
Les membres du CCI ont également continué à démontrer la croissance et le leadership mondial pour lesquels les innovateurs canadiens sont reconnus :
- Xanadu a commencé à être négocié à la Bourse de Toronto et au NASDAQ.
- Novari Health élargit son travail avec Niagara Health, en déployant une technologie de gestion des références et de nouveaux outils d'IA dans toute la région pour améliorer l'admission, les flux de travail et l'accès aux soins.
- NanoTess a signé un accord de distribution majeur avec embecta qui apportera son innovation en soins des plaies à plus de 14 000 pharmacies à travers le Canada.
- STEMCELL : le fondateur Dr Allen Eaves est présenté dans un nouveau profil sur la construction de la plus grande entreprise de biotechnologie du Canada et l'aide à l'ancrage du secteur croissant des sciences de la vie en Colombie-Britannique.
- BUZZ HPC élargit son infrastructure d'IA souveraine par le biais de Bell AI Fabric.
- La chef de la direction de CNSRV-X, Alison Sunstrum, a écrit dans le Toronto Star sur la façon dont la sécurité alimentaire est liée à la sécurité nationale.
LE CCI DANS LES MÉDIAS
« Ils veulent stimuler l'investissement dans le pays. Bien sûr, cela a du sens. Il s'agit vraiment d'être discernant sur l'endroit où nous nous insérons dans les chaînes de valeur à long terme. »
– Claire Wilson, analyste des politiques et de la recherche du CCI, dans l'article de The Logic « Pourquoi l'investissement étranger a bondi au Canada »
« Comme pour tout investissement majeur, les détails compteront. »
– Daniel Perry, directeur des affaires fédérales du CCI, dans l'article de BetaKit « Ottawa donne 900 millions de dollars au CNRC pour un centre d'innovation en drones et un volet du PARI axé sur la défense
« Le système a besoin d'une meilleure productivité, d'une meilleure intégration et de la capacité de fournir des soins de manière fiable à grande échelle. »
– Patrick Searle, chef de la direction du CCI, dans l'article de BetaKit « Le CCI veut que les gouvernements achètent plus de technologies de la santé canadiennes »
« Le système de santé financé par l'État du Canada est particulièrement bien placé non seulement en tant que modèle de prestation de services, mais aussi en tant que plateforme pour faire croître les entreprises canadiennes à l'échelle mondiale. Lorsque les entreprises nationales offrent l'excellence à grande échelle au sein du système public canadien, elles gagnent en crédibilité sur les marchés internationaux. »
– Le CCI dans l'article
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